La Moselle sauvage - RNR et Nature 2000


En aval de Charmes, la Moselle sauvage acquière un cours libre jusqu'à Bayon en Meurthe et Moselle. On observe une Moselle (presque) vierge de toute extraction de graviers et d’activité humaine. Qualifiée de « Petite Loire », la Moselle recèle une richesse écologique de première importance pour la région et le Grand Est en général.


Sur environ 15 km de cours d’eau, le régime rapide de la Moselle disparaît peu à peu, laissant place à un cours d’eau calme serpentant dans la vallée et atteignant par endroit 1 km de largeur pour son lit majeur. Les bras morts, les mortes, les méandres, les plages de galets et de sables sont nombreux et assurent gîte et couvert pour de nombreuses espèces animales et un site de développement riche pour la flore. De plus, lorsque les étangs sont gelés en hiver, de nombreuses espèces aviaires s’y réfugient.






  • Ainsi les plages de galets et de sable formées par le charriage et le dépôt de matériaux par le courant assurent au Petit Gravelot et au Chevalier guignette des zones de nidification privilégiées. On peut aussi apercevoir le Héron cendré guettant les petits poissons et crustacés nageant entre les galets.






  • Les méandres formés par l’érosion lente et les déplacements du lit de la Moselle sont la preuve d’un cours d’eau sauvage et non empreint de l’activité humaine si forte en amont. Dans ces méandres, les rives abruptes et tendres par endroit sont des sites très favorables pour la nidification des espèces qui creusent des tunnels pour faire leur nid. 

C’est le cas de l'Hirondelle de rivage, du Martin-pêcheur d'Europe ou exceptionnellement du Guêpier d’Europe.



  • Les bras morts constituent quand à eux des sites propices à la vie et à la reproduction des odonates notamment. 





  • Le Castor d'Europe s’y réfugie lorsque la rivière est en crue. Il y trouve tout ce dont ils ont besoin pour vivre : des eaux calmes et une végétation lui permettant la construction de sa hutte et son alimentation à tout moment de l’année. Le castor a frôlé l’extinction en France au XXème siècle et ne doit son retour qu’à des populations ayant survécu sur le Rhône à la chasse et au piégeage. En 1983 et 1984, 15 castors issus de ces populations furent réintroduits à Tonoy. Depuis les populations prospèrent et semblent atteindre leur effectif d’antan en Lorraine. Les risques de surpopulation ne sont pas justifiés puisque les castors s’autorégulent selon la nourriture disponible dans le milieu.







  • Les forêts alluviales bordant les rives de la Moselle sauvage ont la plus grande superficie lorraine. Elles abritent selon les étages de végétation un grand nombre d’espèces aviaires et de chauve-souris (Pics, LoriotsfauvettesRossignol). Les forêts jouent un rôle important dans la lutte contre l’eutrophisation du cours d’eau et participent au maintien des berges.

  
  • Les prairies sont régulièrement inondées lorsque la Moselle sort de son lit. Elles sont très riches si elles sont exploitées modérément.  Des mesures agro-environnementales (MAEt) ont été proposées en 2008 aux agriculteurs. En s’engageant dans des pratiques agricoles extensives (limitation de fertilisation, retard de fauche…), les agriculteurs bénéficient d’une compensation financière. La limitation des apports de fertilisants permet le maintien et la restauration de prairies remarquables (habitat et espèces). Elle contribue également à la préservation de la qualité de l'eau en limitant le transfert de nitrates vers la nappe alluviale et préserve ainsi la production d'eau potable.



La richesse de ce site tient à la volonté et aux efforts entrepris par les communes ayant adhéré au programme d’action communautaire pour la conservation de la nature mis en place en 1994 par leConservatoire des Sites Lorrains (CSL). Cette convention a permis de classer 360 hectares pour une durée de 60 à 99 ans, y empêche l’extraction de granulats et régule les activités agricoles.

Depuis la directive européenne Habitats a permis de délimiter une Zone Natura 2000 renforçant la protection sur le site.
           
Cette action de protection de la Moselle permet d’apprécier un véritable cours d’eau sauvage et de pouvoir y observer une faune et une flore très riches et spécifiques de ce milieu.
Il est important pour les générations futures de pouvoir protéger et conserver un site recelant autant d’espèces différentes et fournissant de l’eau à toute une vallée. 

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