Espace Naturel Sensible de l'Ile-sous-Essegney


Présentation
L’Ile-sous-Essegney est un site classé par le Conservatoire des Sites Lorrains (CSL) et appartient aux Espaces Naturelles Sensibles (ENS) vosgiens. Il se trouve à cheval sur les communes de Charmes et d’Essegney.

Ce site a un intérêt écologique très important du fait des différents milieux qu’on peut y rencontrer : une forêt alluviale importante, des zones de granulats éparses, des friches et un grand nombre de bras morts. La Moselle modifie régulièrement ces milieux en inondant les prairies, en alimentant les bras morts, en recreusant les berges et en apportant des graviers et du sable.
La forêt de rive joue un rôle très important dans le filtrage des eaux. Les racines des plantes pompent les minéraux contenus dans l’eau et limitent ainsi leur excès qui pourrait avoir des conséquences graves sur le milieu. Un excès de nutriments ou d’ions entraînerait une eutrophisation du milieu qui serait fatale à un grand nombre d’espèces animales ou végétales. De plus l’enfoncement des racines assure un maintien des berges, ce qui limite l’érosion et les débordements en cas de crue. L’action du Castor dans ce milieu n’est pas néfaste puisque par la coupe d’arbres il va favoriser l’enracinement et la repousse.


Visite et valorisation
C’est pour montrer et expliquer la richesse et l’importance de ce site qu’a été créé un sentier pédagogique. On y explique au public, par le biais de panneaux et de bornes les différents milieux et zones remarquables. Une plaquette éditée par le CSL favorise la visite et oriente l’observation du promeneur. A chaque borne, les plantes et les animaux remarquables y sont détaillés. On peut la retirer auprès de l’Office du Tourisme de Charmes.
Tous les ans, des projets sont menés par des classes des écoles de Charmes (construction et pose de nichoirs à oiseaux et à chauve-souris…). De plus, les bénévoles du CSL ont creusé des mares à amphibiens et continuent à entretenir le site.

De juin à août, les naturalistes locaux organisent des sorties pour observer le castor.

Observations
On peut rencontrer sur le site de nombreux oiseaux selon les strates arborescentes :
  
  • Dans les arbres : le Milan noir, le Faucon hobereau, les Pics noir, épeiche et épeichette, et le Loriot d’Europe ;
  • Dans les buissons : les Fauvettes à tête noire, des jardins et babillarde et le Rossignol philomèle ;
  • Dans les friches : la Rousserolle verderolle, la Pie-grièche écorcheur et la Tourterelle des bois ;
  • Près de l’eau : le Héron cendré, le Martin pêcheur, le Chevalier guignette ou encore le Petit Gravelot

On y découvre un grand nombre de plantes (l’Orchis pyramidale, la Tanaisie, la Saponaire, le Silène enflé...), des essences d’arbres spécifiques à ces milieux humides (le Saule, le Frêne, l’Aulne…), mais aussi des espèces ravissantes mais néanmoins envahissantes comme la Renoué du Japon ou la Balsamine de l’Himalaya.

Il y a quelques mammifères tels les chauves-souris, le chevreuil, le renard, le Rat musqué et le plus gros rongeur d’Europe : le Castor.

La Moselle et les bras morts attirent de nombreuses libellules comme l’Anax empereur ou le Caloptéryx éclatant.

Quelques reptiles et amphibiens y ont déjà été observés : la Grenouille verte, la Grenouille rousse, le Lézard agile, la Coronelle lisse ou la Couleuvre à collier.



La problématique Renouée du Japon
La situation est vraiment devenue très préoccupante. Il semble d'ores et déjà beaucoup trop tard pour agir. Cela ne s'améliore pas, bien au contraire. Elle est présente quasiment partout, en taches de plus en plus denses et nombreuses ; elle devient de ce fait vraiment très abondante... il est devenu impossible qu'elle passe inaperçue.


Causes de son invasion : elle est répandue, diffusée le long des talus des routes, des voies ferrées, dans les zones d'activités... par les engins d'entretien des espaces verts, comme le long des rivières... par les dépôts et remblais de déchets "inertes" du BTP qui contiennent des fragments de tiges et de racines et dont les crues des cours d'eau favorisent encore la propagation... Un simple fragment, déposé sur un sol même peu accueillant pour la plupart des espèces végétales, peut donner rapidement une nouvelle plante (et une nouvelle tache d'invasion, bien sûr) par simple bouturage !

Problèmes occasionnés sur la biodiversité : elle émet des toxines (répulsives pour les autres végétaux) par son système racinaire lequel peut atteindre voire dépasser 6 à 7 mètres de long. Elle est la cause d'une perte de biodiversité locale partout où elle est présente (flore et faune autochtones en régression), déjà par le simple fait que sous une colonie de Renouée du Japon, l'obscurité est presque totale, en plein été, tant le feuillage est compact et épais, avec des tiges qui atteignent 3 à 4 mètres de hauteur, voire plus.
Heureusement, elle n'est ni toxique, ni allergisante, à la différence d'autres plantes invasives comme l'Ambroisie !

Moyens de lutte : elle résiste à tous les traitements connus. Au stade actuel, son "éradication" paraissant absolument impossible, on considère qu'on ne peut que tenter de limiter son extension. L’arrachage systématique est efficace si on le fait fréquemment... on finit par épuiser le système racinaire, mais on risque de s'épuiser avant.
La seule technique considérée comme vraiment efficace est de couper les plantes et de couvrir immédiatement le sol sur le lieu de la station occupée par cette plante (en totalité et même largement aux alentours) avec une bâche, à fixer et laisser en place un à deux ans, voire plus longtemps si possible... Après retrait de la bâche, planter très rapidement des arbres (assez hauts et touffus !) pour créer un ombrage qui ralentira les repousses éventuelles (qui seront nécessairement à arracher manuellement, au fur et à mesure de leur réapparition, cela va de soi) de cette plante très héliophile. Elle craint l'ombre !

A faire connaître également : la renouée du Japon, à l'état de jeunes pousses, se présente un peu comme des asperges... Elle est comestible, très tendre, avec un goût acidulé, un peu comme l'oseille, à ce stade jeune (hauteur de la pousse de 15 à 25 cm). A consommer comme des asperges, ou en gratin... Ce n’est pas mauvais, mais on s'en lasse vite. Attention toutefois à ce que la zone de pousse n'ait pas été traitée aux herbicides ! Ensuite, il est trop tard dans la saison, car elle grandit très rapidement et ses tiges et feuilles durcissent en la rendant presque ligneuse et inconsommable, sauf pour le bétail, et encore...

A l'Ile-sous-Essegney, cette plante recouvre de grandes surfaces. En novembre 2009, le CSL a fait une tentative de bouturage de tiges de saules. Afin que les arbres puissent se développer, il faudra limiter la pousse des renouées au printemps par fauchage.

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